SOUTIEN AUX RÉFUGIÉS À TOULOUSE

Posté par Katy

Zoe Magesse rend compte de la mobilisation des habitants de Toulouse en faveur des réfugiés.

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Nous avons créé la page Facebook « Soutien aux Réfugiés Syriens “Les Trois Cocus” TOULOUSE » en septembre 2015, après avoir appris qu’environ 140 réfugiés vivaient dans le quartier des Izards, à Toulouse, depuis plusieurs mois.

Mon mari (qui est à moitié libanais et parle l’arabe) s’est renseigné pour avoir leur adresse exacte et est allé leur parler. Il a été horrifié de voir qu’ils vivaient dans des logements des autorités locales dont la démolition avait été avalisée. Les maisons et les appartements étaient froids et humides ; les fenêtres condamnées par des briques et les portes cassées. Certains des balcons n’étaient pas sécurisés, et les enfants couraient à droite, à gauche, jour et nuit : ils ne bénéficiaient d’aucun accès à l’éducation ou à de quelconques activités structurées.

Pour la plupart, ces gens sont arrivés en mars-avril 2015. Personne ne semble savoir comment ils ont trouvé ces logements vides, mais au moins ils disposent d’un toit au-dessus de leur tête, de l’eau et l’électricité courantes.

Nombre d’entre eux ont accompli un voyage périlleux depuis la Syrie, passant par le Liban, la Turquie, l’Égypte, le Maroc et l’Espagne avant d’atteindre la France. La plupart ont été enregistrés en tant que réfugiés en Espagne, mais n’ont pas voulu y rester car ils étaient apparemment logés dans des sortes de casernes où les hommes étaient séparés des femmes et des enfants pendant 20 heures par jour, et où ils n’étaient pas autorisés à vivre en famille (vraisemblablement en vue de réduire le taux de natalité).

Aucun réfugié ne parle le français, et très peu d’entre eux parlent l’anglais. Ils n’ont aucune idée de la manière dont le système fonctionne, des aides auxquelles ils ont droit, ou de comment accéder aux soins de santé et à l’éducation.

La mairie et diverses associations locales (le Secours catholique, le Secours populaire et la Croix-Rouge) ont été informées à maintes reprises de la présence des réfugiés. Pourtant, elles n’ont fait absolument aucun effort pour évaluer leur situation.

En voyant que les réfugiés n’avaient que ce qu’ils avaient pu prendre sur eux pendant leur voyage, et que leurs vêtements, chaussures et draps ne conviendraient pas pour l’hiver toulousain, nous avons créé la page Facebook « Soutien aux Réfugiés Syriens “Les Trois Cocus” TOULOUSE » afin de mobiliser la communauté anglophone. Nous avons ainsi mis en place un réseau de collection et de distribution de nourriture, de vêtements d’hiver, de chaussures, de manteaux, d’articles de cuisine, de plaques électriques (nombre de familles mangeaient uniquement froid), de radiateurs électriques, de couettes, de draps, de matelas et de machines à laver, afin de fournir à ces personnes un confort de base.

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J’ai été très touchée par l’immense générosité de mes concitoyens. Nous avons apporté aux réfugiés l’équivalent de plusieurs voitures pleines de nourriture, de produits de toilette et d’articles ménagers essentiels. Nous avons collecté et distribué plus de 200 manteaux d’hiver, plus de 300 paires de chaussures et plus de 50 couettes/sacs de couchage, ainsi qu’un grand nombre d’écharpes, de chapeaux, de pulls et de couvertures, et même de nombreux appareils ménagers, notamment des frigidaires et des machines à laver.

À l’occasion de la fête de l’Aïd (principale fête musulmane), nous avons collecté des jouets en bon état qui ont ensuite été nettoyés, triés et ornés de rubans. Chaque enfant a ainsi reçu deux ou trois jouets presque neufs.

Nous avons rencontré Bouzid et Morad, de l’Association Solidarity Union (ASU), qui font eux aussi de leur mieux pour aider les réfugiés. Nous avons conjugué nos efforts aux leurs afin d’œuvrer de manière plus efficace.

Jennie Taylor et Kate Charalambous ont été particulièrement actives et ont organisé des manifestations comme un Goûter solidaire, avec des activités pour enfants, un concert, de la nourriture et des boissons, en vue d’attirer l’attention sur la situation des réfugiés et d’organiser une belle journée en famille pour eux. L’ASU a mis en place un pot commun sur Internet et a récolté assez d’argent pour offrir à chaque famille un bon lui permettant d’acheter 2 kilos de viande halal pour célébrer l’Aïd autour d’un bon repas.

Une autre communauté de migrants vulnérables, d’origines variées, a été localisée aux Minimes. Ces migrants vivaient également dans des bâtiments destinés à être démolis, et les autorités locales avaient coupé l’eau afin de les forcer à partir.

Une campagne a été lancée, soutenue par tous nos membres, visant à forcer les autorités à rétablir l’alimentation en eau, du fait qu’il est dorénavant inconstitutionnel, et donc illégal, de priver quelqu’un d’eau en France. Nous continuons à fournir une aide pratique aux réfugiés des Minimes.

La plupart des besoins urgents étant satisfaits, l’ASU se consacre à présent principalement à aider les réfugiés dans leurs démarches administratives en France.

Elle a réussi à faire pression sur les autorités locales pour que les enfants aient accès à une éducation spécialisée (vu qu’ils ne parlent pas du tout le français et que beaucoup ont plusieurs années de retard, ils ne sont pas en mesure de fréquenter l’école du quartier tout de suite).

En outre, l’ASU a lancé une campagne, dans laquelle nous nous sommes tous impliqués, visant à fournir 60 cartables et lots de fournitures scolaires, de sorte que chaque enfant soit équipé pour sa rentrée.

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Dès lors, les réfugiés ont principalement besoin de bénévoles arabophones pour les accompagner à leurs rendez-vous médicaux à l’hôpital de La Grave, à Saint-Cyprien, à des rendez-vous à la Croix-Rouge, et à d’autres rendez-vous administratifs. Si vous souhaitez apporter votre aide (ou si vous connaissez quelqu’un qui est intéressé), veuillez contacter l’ASU directement sur Facebook. Il s’agirait d’aller chercher des personnes, de les amener à leur rendez-vous, et de les ramener ensuite chez elles. L’ASU espère aussi bientôt mettre en place des cours de français pour les réfugiés.

Les familles dont le statut de réfugié a été reconnu en France sont inscrites sur une liste d’attente de demandes de logement. À ce jour, une famille a déménagé dans l’Ariège. La majorité des familles ne veulent pas déménager car elles veulent rester ensemble et les logements proposés sont dispersés. Or, trouver un logement permanent est une première étape vers l’intégration en France. La plupart des adultes espèrent retourner en Syrie dès que ce sera sûr, mais étant donné que la situation n’a jamais été aussi grave, je ne sais pas quand ils pourront rentrer, ni même s’ils le pourront un jour.

Si vous souhaitez participer à nos efforts de soutien, rejoignez-nous ou l’ASU sur Facebook.

Si vous souhaitez nous faire parvenir des dons, le besoin le plus urgent à l’heure actuelle est la nourriture : du riz, des fruits et des légumes en conserve, des lentilles, du café, du sucre, de la farine, de l’huile de tournesol et de l’huile d’olive (tous des ingrédients essentiels qui se conservent facilement). Vous pouvez aussi transférer des fonds directement à l’ASU.

Merci à tous ceux qui nous ont soutenus jusqu’à présent.

France and Beyond

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